«Here, there, somewhere» – Galerie Paris-Beijing

À travers le regard de six artistes – Adrien Belgrand, Dorian Cohen, Marion Charlet, Volkan Aslan, Martin Parr et Mehmet Ali Uysal – la galerie Paris-Beijing nous emporte dans les paysages édéniques de l’été et nous promet l’avènement de jours heureux… Une exposition toute en légèreté. 

 

 

Texte de Adèle BARI

Ici, là, quelque part… N’importe où, tant que l’on peut se jeter dans l’eau salée de la mer, ou chlorée d’une piscine bleue océan. «On a allié certains artistes historiques de la galerie, comme le photographe Martin Parr, pour représenter un monde du plaisir et du farniente, dont on a tous un peu envie en ce moment», nous explique Romain Degoule, directeur de la galerie. Les œuvres exposées nous invitent donc à voyager ou rêver d’un ailleurs : d’un paysage, du moins, utopique, enveloppé d’un mélange de couleurs idéalistes…

… D’un bleu translucide ou roi. D’un rose pêche ou fushia. D’un vert nous rappelant les palmiers et la végétation tropicale des destinations idylliques, à mille lieues des métropoles. Mais aussi, un gris autoroute, avec Départ en vacances, du peintre Dorian Cohen, puisqu’«on passe souvent par là, dans les embouteillages, avant d’arriver à destination, sourit le galeriste, et poursuit, bon, ici, c’est désert, ce n’est pas encore le 1er août !»

Dorian Cohen – Départ en Vacances 3bis, 2017, Huile sur toile,115 x 146 cm, Crédit photo Suzan Brun

Nous traversons alors les peintures de Marion Charlet, qui nous conduisent à bon port. La peintre française nous propose d’entrer dans des immenses demeures pour y poser nos valises, et se délasser dans une piscine intérieure, avec A Wedding Banquet ou Rendez-vous. Elle nous charme également avec un paradis architectural ouvert sur l’extérieur, pour admirer la nuit sous une pluie d’étoiles, avec Sun Will come again. Plus loin, les photographies de Martin Parr, issues de la série «Small World», nous dépaysent : «On retrouve les touristes dans leurs meilleurs états, toujours avec le regard un peu grinçant du photographe : ce surfeur qui demande un trajet, cette femme qui bronze d’une façon étonnante, puis cette vache au milieu de la plage.»

Marion Charlet – The Wedding banquet – 2020 – 146 x 114 cm

Adrien Belgrand – Underwater – 81 x 130 cm – acrylique sur toile

Prendre le large, plonger, s’évader,

En vis-à-vis du tryptique, nous piquons une tête avec la jeune femme représentée par le peintre Adrien Belgrand. Elle nage dans une eau translucide, illuminée par les reflets du soleil. Juste devant, des pieds en résine plongent dans une flaque d’eau blanche, réalisée par l’artiste turc, Mehmet Ali Uysal. «Il a développé toute une série autour de ses souvenirs d’enfance et de ses émois. Cette pièce fait référence à son premier bain de mer, dans lequel il a failli se noyer.» Il joue également avec notre oeil de spectateur, en déformant notre vision de cette photographie de la mer, incrustée sur le mur et le sol.

Puis, l’apaisement absolu. L’artiste multidisciplinaire turc, Volkan Aslan, filme une jeune femme sur un bateau. En parallèle, il met en scène une deuxième femme, dans sa maison. Le plan est de plus en plus large jusqu’à nous laisser découvrir que ces deux jeunes femmes vivent côte à côte. Le maison de l’une d’entre elle étant posée sur le bateau, qui prend le large. «C’est très poétique, il nous donne envie de partir et d’installer notre maison sur un bateau», nous confie Romain Degoul.

Près du projecteur, des œuvres en aquarelle et collage nous sont présentées par le même artiste. Elles sont basées sur cette même idée de superposition : un homme, une table, une jeune fille, un bateau… Des paysages marins, utopiques, amplifiant encore une fois notre désir d’évasion

Mehmet Ali Uysal – Horizon, 2020

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Mehmet Ali Uysal

L’exposition est à découvrir jusqu’au 31 juillet, à la Paris-Beijing, au au 62 rue de Turbigo, dans le 3ème arrondissement, à Paris, ainsi que sur l’Application Art is Heart.

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